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Commentaires critiques de positions évoquées dans la « Déclaration internationale du 1er mai » (2011)

24. September 2011

Par la présente, nous tenons à développer les arguments pourquoi nous n’avons pas signé la «Déclaration du 1er mai» (2011) telle qu’initiée par les partis et organisations autour de l’initiative « Maoist Road » (voir ‘Maoist Road No 1’, page 4 : ‘Les peuples veulent la révolution ! Les prolétaires veulent le parti de la révolution ! Les communistes veulent l’internationalisme et une nouvelle organisation internationale !’)

En fait, ladite « Déclaration du 1er mai » signée par 10 partis et organisations communistes maoïstes contient plusieurs constats très utiles à l’analyse de la situation actuelle avec lesquels nous sommes bien d’accord et cela en contestation et en nous délimitant expressément de positions concrètes telles que répandues par maintes variétés du réformisme et du révisionnisme.

Nous aussi, nous saluons les « multiples protestations et soulèvements sans précédent », surtout « dans le monde arabe et le golfe persique » , ou « la jeunesse, le prolétariat et les larges masses sont descendus dans les rues et ont renversés ou tenté de renverser, les uns après les autres, les régimes dictatoriaux valets de l’impérialisme.

Au cœur même des pays impérialistes, les luttes de la classe ouvrière, les grèves générales, les révoltes des étudiants et de la jeunesse, se sont dressés contre la politique des gouvernements réactionnaires et le développement d’un fascisme moderne qui a pour but de faire porter par les masses le fardeau de la crise, avec ses cortèges de licenciements, de précarité, d’intensification de l’exploitation, ses attaques contre les systèmes d’éducation, de santé et les services sociaux en général. Les luttes et révoltes vont de la Chine aux USA, de la Russie à l’Amérique latine. En Afghanistan et en Irak particulièrement, l’impérialisme, principalement l’impérialisme américain, essuie des coups qui l’empêche de parvenir à ses objectifs d’occupation, d’invasion et de contrôle géo-stratégique de régions importantes du monde. Ses plans de sacralisation de l’occupation sioniste de la Palestine grâce à des leaders félons ont échoué. »

En particulier, nous partageons l’analyse que ces luttes « exigent  que soient construits  des partis révolutionnaires (nous préférerions « des partis communistes révolutionnaires ») à la hauteur de l’antagonisme des classes. (…) Il nous faut des partis communistes basés sur le marxisme-léninisme-maoïsme (nous dirions « sur le communisme révolutionnaire ») capables de diriger la lutte des classes dans tous les domaines dans le but de prendre le pouvoir politique, sans quoi le renversement du système capitaliste et impérialiste par le prolétariat est impossible. »

De même que les 10 partis signataires de la déclaration, nous aussi, nous voulons « répondre à ce besoin d’une direction scientifique et résolue pour le combat de classe du prolétariat , en luttant contre toutes les variétés de déviations, révisionnistes, réformistes et dogmatiques. »

Comme eux, nous comptons sur « la prodigieuse expérience accumulée au cours des 140 années de luttes et de révolutions depuis la Glorieuse Commune de Paris, jusqu’aux sommets de la Révolution d’Octobre, de la Révolution chinoise et de la  Grande Révolution Culturelle Prolétarienne. Nous devons apprendre à la fois de nos défaites et de nos victoires, ainsi que de nos erreurs. »

Comme les autres partis signataires de la déclaration, nous tenons à « mettre l’internationalisme prolétarien en pratique pour unir les luttes du prolétariat et celles des peuples opprimés contre l’impérialisme en crise ». Et que nous, communistes, devons « rester solidement unis aux masses car ce sont elles qui font l’histoire ».

Et, finalement, comme les autres signataires nous consentons que « les communistes doivent parvenir à une nouvelle unité du mouvement communiste international basé sur le marxisme-léninisme-maoïsme (nous dirions « sur le communisme révolutionnaire ») et construire la nouvelle organisation internationale qui nous est nécessaire aujourd’hui. » Car : « L’impérialisme n’a pas d’avenir ! L’avenir, c’est le communisme ! »

Ceci dit, la déclaration se fonde sur d’importants points d’analyse politique erronés et sur des erreurs auxquels nous sommes opposés, notamment :

1.) La déclaration prend comme point de départ « le développement d’un fascisme moderne » dans « les pays impérialistes ».

2.) Ce sont « les guerres populaires «  qui constituent « la référence stratégique pour le prolétariat et les peuples du monde ».et c’est explicitement la  « guerre populaire prolongée » qui est censée comme étant nécessaire, aussi dans « les pays impérialistes  eux-mêmes. » Elle est considérée comme constituant « une phase nouvelle et plus aiguë de la lutte de classe exprimant les aspirations du prolétariat et des peuples du monde ».

3.) Et immédiatement après, la déclaration en ( !) déduit que « tout ceci montre que la contradiction principale au niveau mondial est entre l’impérialisme et les peuples opprimés… »

4.) Quant à l’évaluation de la situation actuelle par rapport à la guerre populaire dans différents pays, la déclaration résume que « la guerre populaire au Pérou se poursuit et se remet d’aplomb », « aux Philippines (elle) avance », et « en Turquie, le combat révolutionnaire dirigé par les maoïstes avance conformément à la stratégie de la guerre populaire ».

5.) Comme « cause principale immédiate de la crise », d’ailleurs, la déclaration évoque la « ‘financiarisation’ de l’économie » (c’est-à dire, on suppose, l’élargissement et la flambée du capital spéculatif).

En ce qui concerne nos positions à nous, nous ne voyons pas cette menace généralisée par le « fascisme moderne » dans les pays impérialistes, ni pouvons-nous en constater une telle menace en Autriche ni dans les autres pays membres de l’UE.

Nous jugeons erronée l’orientation du mouvement communiste révolutionnaire vers « la guerre populaire prolongée dans les pays impérialistes » et nous doutons cette orientation même pour certains pays opprimés avec une population majoritairement urbaine.

Nous tenons comme inapproprié de propager « une contradiction principale au niveau mondial », et cela dû au fait qu’il est le devoir principal des communistes révolutionnaires dans chaque pays de se débarrasser de l’ennemi principal particulier (chez nous, de la bourgeoisie impérialiste autrichienne).

De l’autre côté, nous avons bien des doutes par rapport à une évaluation concrète des 3 contradictions constituantes du système impérialiste mondial, qu’aujourd’hui,  ce soit la contradiction entre l’impérialisme et les peuples opprimés, elle seule, qui soit primordiale pour la révolution prolétarienne, la dictature du prolétariat et le socialisme et cela dans le monde entier, c’est-à-dire, dans tous les pays, n’importe leurs prochains buts stratégiques différents.

D’autant moins, nous ne partageons l’avis qu’il soit justifié, en appliquant au niveau mondial et de façon généralisée, la théorie de Mao sur « la guerre populaire prolongée » telle que propagée par plusieurs partis, d’en dériver, de cette généralisation même, le fait que soit universelle partout dans le monde et primordiale pour l’avancement de la révolution mondiale, la contradiction principale entre l’impérialisme  et  les peuples opprimés.

Enfin, pendant les dernières années, nous n’avons pas l’impression qu’on n’ait assisté à des avancements si importants qu’évoqués par rapport aux guerres populaires au Pérou, aux Philippines et en Turquie.

Finalement, pour nous, c’est la tendance à la chute du taux de profit et le « cercle vicieux » du système d’exploitation capitaliste qui engendrent la crise actuelle,  et nous regardons les bulles de spéculation etc. comme étant des apparitions immanentes de la suraccumulation périodique et des difficultés de valorisation du capital en période d’impérialisme.

Voilà les arguments principaux pourquoi nous n’avons pas signé la « Déclaration du 1er mai » (2011) , déclaration commune du PC de l’Inde (ML) Naxalbari, du PC du Bhoutan (MLM), du PC de l’Inde (maoïste), du PCmF, du PCmI, du PC Maoïste-Turquie/Nord Kurdistan, du PC Révolutionnaire – Canada, du PC Unifié du Népal (maoïste), du Comité de Lutte populaire « Manolo Bello »  – Galice, Espagne, et du Mouvement Communiste Maoïste de Tunisie.

(ia*rkp), le 24 sept 2011

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Déclaration du 1er mai >>   http://ledrapeaurouge.ca/node/344